Les Agapes

Pour faire profiter de mes idées cuisines, pour décomplexer les recettes, voici un blog de cuisine je l'espère sympatique.

14 septembre 2009

Maquereau ou lisette au vin blanc

Cet été, passage en bord de mer à Trouville où j'ai pour habitude d'acheter le poisson directement aux pêcheurs. Il est d'une fraicheur défiant toute concurrence (sorti de l'eau quelques heures avant) et à un prix dérisoire.
J'ai ainsi trouvé cet été des maquereaux à 2€ le kilo, absolument superbes !! D'où cette petite recette ultra classique mais indémodable.
A préparer la veille de préférence.

Pour 4 personnes
4 beaux maquereaux (ou 6 lisettes)
2 carottes
2 oignons
1 branche de céleri
1 bouteille de vin blanc (75 cl)
sel, poivre, persil, herbes de provence
beurre ou huile

Faire revenir oignon émincé et carottes coupées en cubes ou en rondelles dans un peu de beurre ou d'huile. Ajouter le vin blanc. Saler, poivrer et ajouter les herbes de provence. Porter à ébullition et faire réduire d'un tiers (10 bonnes minutes).
Pendant ce temps, vider les poissons et les rincer. S'ils sont gros, lever les filets des maquereaux.
Les placer dans un plat creux.
Arroser avec le vin blanc bouillant et laisser refroidir toute une nuit. Parsemer de persil juste avant de servir.

maquereau_vin_blanc

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10 septembre 2009

L'oeuf ou lait ou la crème renversée

Ma grand mère appelait ça une "crème renversée". Celle de petit mari chéri un "oeuf au lait". Quelle que soit l'appellation retenue, voici clairement un dessert de grand mère qui ramène irrésistiblement en enfance, surtout quand on utilise un vieux moule en fer blanc.

J'en ai refait cet été en modifiant la recette que j'avais déjà donnée ici il y a quelques années (mon dieu, mon blog compte en année, j'entame en effet la 5ème !!). La texture est plus proche de ma "belle grand mère", sans bulle d'air. Peut être l'utilisation d'un vieux moule ^-^

6 oeufs
1 litre de lait
1 gousse de vanille
100 g de sucre en poudre
10 morceaux de sucre

Couper la gousse de vanille en 2 dans l'épaisseur et gratter les graines de vanille avec le dos d'une lame de couteau. Mettre les graines et la gousse dans le lait et faire bouillir. Laisser tiédir.
Pendant ce temps, battre rapidement les oeufs et le sucre en poudre. Verser le lait à la vanille (retirer la gousse) et mélanger sans faire mousser.
Imbiber les morceaux de sucre avec un tout petit peu d'eau et les mettre au fond du moule. Mettre celui ci sur le gaz et faire un caramel. Bien tourner le moule pour que le caramel recouvre les parois (manipuler le moule avec un gant, il chauffe très vite).
Enfourner à 150° au bain marie pendant 1 heure. Laisser refroidir avant de démouler.

oeufaulait
Difficile de faire plus simple, mais c'est pourtant un des meilleurs desserts qui soit !!

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07 septembre 2009

Débo a testé pour vous la récolte du miel (partie 4 et fin): l'apport des abeilles dans la pollinisation (ou l'argument ultime)

En lisant les commentaires sur les billets précédents, je me suis rendue compte que les abeilles suscitaient un véritable intérêt et que des vocations allaient peut être naitre.
Dernier argument pour vous convaincre de l'utilité d'avoir une ruche chez soi, l'apport des abeilles dans la pollinisation.

« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre », aurait dit Albert Einstein.

En effet, la plupart des espèces de plantes à fleurs ont besoin d'une intervention extérieure pour se reproduire. Le vent, l'eau, les insectes et les animaux (oiseaux, chauve souris) participent tous à cette pollinisation. Mais l'abeille en est véritablement la clé de voute car elle se nourrit exclusivement de pollen et de nectar. Chaque butineuse, prise individuellement, est fidèle à l'espèce miellifère qu'elle butine. Elle augmente donc de facto le transfert du pollen entre fleurs de la même espèce.

Rappelez vous vos cours de biologie sur la reproduction des fleurs !! Les organes sexuels des plantes ne communiquent pas directement entre eux. Il est nécessaire que les "spermatozoïdes" soient acheminés jusqu'à l'ovule par un élément extérieur.
Le but est d'éviter la consanguinité, ce qui est nécessaire à l'évolution des espèces.
Dans certains cas, les fleurs mâles et femelles sont présentes en même temps sur la même plante. Dans d'autres, les gamètes mâles et femelles ne proviennent pas du même individu. Les fleurs hermaphrodites peuvent voir une floraison successive des fleurs mâles et femelles (dans un sens comme dans l'autre).
Tout est fait pour favoriser le brassage des gènes !!

Le pollen, transporté par notre petite butineuse, germera sur le stigmate et donnera naissance à un tube pollinique qui acheminera les spermatozoïdes jusqu'aux ovules. Et c'est ainsi que la plante en question pourra se reproduire.

Mais l'apport des abeilles va encore plus loin que cela, notamment en ce qui concerne l'agriculture. Il a en effet été prouvé que pour assurer de meilleures récoltes (que ce soit sur le nombre de fruit, sur leur taille ou sur leur aspect), il était nécessaire d'avoir un maximum de grains de pollens déposés sur le stigmate et donc un maximum de graines.

C'est pourquoi de nombreux apiculteurs contractent avec des agriculteurs: ils fournissent les ruches au moment de la floraison de telle ou telle plante. L'agriculteur agira alors de telle sorte qu'il protègera les abeilles, en évitant notamment certains pesticides. On trouve même dans certains livres des explications précises sur le nombre de ruches à apporter par hectare pour telle ou telle plante (qu'on appellera la "charge recommandée"), qui est fonction de l'attractivité de la plante pour les abeilles (le colza aura tendance par exemple à détourner les abeilles d'un verger de poiriers, peu attractifs: il faudra mettre plus de ruches pour obtenir un effet pollinisateur satisfaisant. Au contraire, un verger de pommier subira peu la concurrence).

Dans un cadre plus restreint, avoir une ou deux ruches dans un jardin assurera là aussi une meilleure pollinisation et donc plus de fleurs, plus de fruits.

Pour celles et ceux qui auraient envie de sauter le pas, je rappelle qu'il existe partout en France des ruchers école ou pédagogiques (à Paris, on en trouve au jardin du Luxembourg et au Parc Georges Brassens), que les sites web généralistes sont légion (apiservices, Apiculteur.com, les abeilles butineuses.net...) et que d'excellents livres existent sur le sujet (voici les deux qui m'ont permis de rédiger ces 4 billets).


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03 septembre 2009

Débo a testé pour vous la récolte du miel (partie 3): mais au fait, c'est quoi le miel?

En ce jour de rentrée des classes, après la vie de la ruche et la récolte du miel, petit cours de biologie appliquée: c'est quoi le miel???

La définition adoptée pour le commerce internationale est très explicite: le miel est la substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l'espèce Apis mellifera.

C'est en effet à partir de diverses sources mellifères que l'abeille va produire le miel, grace à ses apports glandulaires.

La butineuse utilise en premier lieu le nectar floral, solution acqueuse plus ou moins concentrée (20 à 80% de sucre selon la fleur) et plus ou moins complexe (mélange entre autres de glucose et fructose, ou bien saccharose ou mélange des 3 sucres principaux selon la fleur). Chaque nectar est différent et possède plus ou moins de vitamines, de pigments colorants et d'arômes. Ce qui explique la grande différence visuelle et gustative entre les différents miels monofloraux.

Le miellat est l'autre grande source de production de miel. Il s'agit de sucre rejeté par des insectes suceurs (pucerons par exemple) ou encore par des végétaux (sève d'arbres) que la butineuse va recueillir.

Chaque butineuse remplit son jabot avec l'une ou l'autre source. Si celle-ci est trop concentrée en sucre, l'abeille la dillue avec sa salive. Arrivée à la ruche, la butineuse décharge son jabot auprès d'autres abeilles qui vont encore enrichir le contenu avec des enzymes. Ceux-ci vont faire évoluer la composition du produit, qui va se complexifier (sucres de type di et trisaccharides). Mais le miel obtenu contient encore plus de 50% d'eau.

Les ouvrières vont déshydrater cette solution en régurgitant à plusieurs reprises une goutte de leur jabot et en l'étalant avec leur langue pour la faire sécher. Lorsque la composition atteint 40 à 50% de sucre, les ouvrières entreposent le miel dans les rayons de cire et vont le laisser murir.

Les abeilles ventileuses maintiennent dans la ruche une température supérieure à 30° et le mouvement d'air chaud et sec va finir d'assécher le miel. En 2 à 5 jours, la teneur en eau du miel passe à 18%.

C'est alors que les abeilles cireuses operculent le rayon avec un couvercle de cire, qui assurera une bonne protection.

Un apiculteur qui cherche à obtenir des miels monofloraux va donc procéder à plusieurs récoltes du miel dans l'année. A la fin de chaque floraison, il récolte le miel d'un seul type floral. Ce miel aura une cristallisation et une conservation qui dépendra de la source.

Au contraire, dans ma belle famille, on ne récolte que l'été et nous avons donc un miel toute fleur (rappelez vous, les rayons sont de couleurs très différentes au sein d'un même cadre).

Les miels monofloraux sont utilisés depuis des siècles avec l'apithérapie (je ne traiterai pas ici des apports du venin, de la gelée royale, du pollen et du propolis).  En effet, les propriétés des plantes butinées se retrouvent dans les miels et apportent leurs propriétés à celui-ci: le miel de bruyère sera ainsi diurétique, alors que celui d'eucalyptus sera recommandé en cas de rhume. Le miel d'accacia est recommandé pour les enfants, quand le miel d'aubépine ou celui de lavande soignent les insomnies.

miel_2009_022

Avouez qu'après ça, on ne les voit plus butiner du même oeil !!

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