27 avril 2009
Pain de lotte à la mâche
Revenons à ce qui est l'objet premier de ce blog, le partage de mes petites recettes souvent improvisées. C'est encore le cas avec notre dîner d'hier soir.
De la mâche lavée par erreur samedi et qui fatiguait vraiment. De la lotte pas trop chère mais plutôt énorme (une partie est partie d'ailleurs au congélateur). Et une envie de fraîcheur. D'où cette idée de pain de lotte avec une recette différente de celle que j'ai déjà proposée ici.
Pour 4 personnes:
300 g de lotte en morceaux d'environ 2 cms de côté
6 oeufs
2 cuillères à soupe de crème
10 cl de coulis de tomate (celui de panzani est top)
1 barquette de mâche
1 cuillère à soupe de curry en poudre (j'aurai du mettre plutôt du curry en pâte qui est plus fort).
Faire revenir la mâche à la poêle quelques minutes dans un peu d'huile d'olive. La mélanger avec la lotte.
Battre les oeufs en omelette avec la crème, la sauce tomate et le curry. Bien saler et poivrer. Ajouter le poisson et la salade cuite.
Verser dans un moule (ici moule à charlotte de 18 cms) et enfourner à 180° au bain marie pendant 1 heure.
Servir avec de la sauce tomate (ici en bocal) et des graines germées qui vont relever le côté un peu fade de ce genre de préparation.
23 avril 2009
Dis copine, ça se décompose comment le prix du livre en France? qui gagne quoi?
Voici les moyennes sur le coût d'un livre
Auteur (photographe et styliste s'il en faut): 10% (donc forcément, si c'est la même personne qui fait tout et qui ne reçoit que 5%, alors ça libère automatique de l'argent qui part dans d'autres poches)
Editeur: 15%
Imprimeur: 20%
Diffuseur: 6%
Distributeur: 12%
Libraire: 37%
Vous comprenez donc l'intérêt pour un petit éditeur de tout faire lui même (il économise 18% de frais) et l'intérêt des gros éditeurs de créer une entité diffusion/distribution interne (il ponctionne les autres).
Etudions maintenant les ratios moyens du libraire (ce gros profiteur qui touche 37% du prix du livre):
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Prix de vente brut HT |
100 |
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Remise accordée par l'éditeur |
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37 |
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Remise client (les fameux 5%) |
4,1 |
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Chiffre d'affaire net encaissé |
95,90 |
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Achat du livre |
63 |
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Marge brute |
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32,90 |
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Salaires et charges |
Entre 9 et 25 (moyenne, 18.2) |
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Charges externes (loyer, EDF...) |
3,4 (heu, bcp plus sur Paris) |
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Autres charges (poste, banque, assurance...) |
1,5 |
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Transport des livres (ah oui, c'est le libraire qui paye le transport) |
1,3
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Publicité |
0,8 |
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Impôts et taxes (foncier, locaux, formation...) |
1,3 |
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Provision et amortissement |
2 |
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Frais financiers |
0,6 |
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Démarque inconnue (autrement dit le vol) |
1,6 |
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Marge nette avant impôts |
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2,2 |
Donc si tu vends un livre 100€, une fois tout payé, tu récupères 2.2€. Et là tu te prends ton impôt sur les sociétés à 33% !!Qui a dit qu'on faisait fortune dans le monde du livre?
Dis copine, ça se décompose comment la distribution du livre en France?
Libraire, c'est un métier. Tous les libraires vendent des livres mais tous les livres ne sont pas vendus en librairie loin de là. Concrêtement, ça veut dire quoi?
Mes chiffres sont un peu anciens (2004) car ils m'ont été donnés lors de ma formation sur le métier de libraire en décembre 2006.
Le marché du livre se divise en 2 grandes parties:
- diffusion au détail: 67.5%
- éditeurs: 32.5%
La diffusion de détail quant à elle fait la part belle aux grandes surfaces spécialisées (20.10%), aux grandes surfaces non spécialisées (super et hypermarchés pour 18.9%) et ensuite seulement les libraires (18,7%), les maisons de la presse (8.8%) et les grands magasins (1%).
Le constat n'est donc pas reluisant: les libraires représentaient seulement 18.7% des ventes de livres en France et j'ai bien peur que la proportion ait encore diminué depuis.
Pensez-y en tant que consommateur: le prix du livre étant imposé en France, vous ne le payerez pas plus cher chez le petit libraire du coin qu'à l'hyper du centre commercial.
Dis copine, comment on fait un livre de cuisine? et comment est-il distribué et vendu?
Petit cours à l'usage des curieux en tout genre, histoire surtout de rectifier des énormités lues et entendues sur la blogo et facebook depuis quelques temps.
D'abord, un peu de vocabulaire:
Editeur: c'est celui qui "crée" le livre (choix du sujet, du titre, de l'inscription ou pas dans une collection existante, de la mise en page, du prix...) plus ou moins en rapport avec ses auteurs
C'est lui qui paye les intervenants (auteur des textes des recettes, styliste culinaire, photographe culinaire).
Il fait ensuite appel aux autres maillons de la chaîne du livre: d'abord l'imprimeur, qui se charge comme son nom l'indique de l'imprimer. C'est avec lui que l'éditeur va déterminer la qualité du papier, la couverture (rigide ou souple) et la reliure (collée, cousue...). Ces éléments ont une forte incidence sur le prix final du livre.
Pour se faire connaitre auprès des libraires qui vont vendre le livre, il peut ou pas faire appel à un diffuseur.
La plupart des éditeurs font appel à des diffuseurs qui sont aussi distributeurs, c'est à dire que non seulement il présente le livre plusieurs semaines avant sa parution (voire même son impression) aux libraires, mais en plus il se charge ensuite d'envoyer effectivement le livre au libraire lors de sa sortie (en faisant appel à un transporteur) et à le facturer.
Bien évidemment tout ceci à un coût, ce qui explique que les petits éditeurs fassent tout eux mêmes.
Cela veut dire concrètement qu'ils prennent leur livre sous
le bras et font le tour des librairies susceptibles d'être intéressées
(bon, ça marche aussi avec un PDF envoyé par email mais généralement on
récompense le culot). Et qu'ensuite ils expédient avec un colissimo les ouvrages que l'on reçoit donc par la poste.
Exemples concrets:
Editeur qui fait tout lui même: Menu Fretin ou encore Altal Edition
Editeur qui se diffuse lui même mais qui fait ensuite appel à un distributeur: Glénat ou Larousse (qui vont ensuite être distribués par Hachette)
Editeur qui fait appel à un diffuseur/distributeur (dont le grand public n'a généralement jamais entendu parler):
Marabout, Hachette pratique, Le Chêne, passent par Hachette distribution (environ 1/3 de l'édition française passe par ce canal)
First, Tana, Solar, Les éditions Culinaires ou encore Romain Pages passent par Interforum
Flammarion, mais aussi Acte Sud, Delagrave/Lanore/villette passent par Union Distribution
Minerva et Aubanel font appel à Volumen
Agnès Viénot ou ESI passent par la SODIS
Les éditions de l'Epure sont diffusées et distribuées par les Belles Lettres.
Mango, Fleurus, Rustica passent par MDS
La Plage ou Leduc font appel à Dilisco
Ouest France passe par une structure interne qui s'appelle Ouest France édilarge
Donc contrairement à ce que j'ai lu, peu importe le tirage pour être présent en librairie. Ce qui importe c'est le dynamisme du diffuseur (qu'il soit l'édtieur ou pas) et donc au final la relation entre le représentant et le libraire. C'est là dessus que se joue la présence ou non d'un livre sur les tables, dans les vitrines de la boutique ou en rayon. Nous avons des relations de confiance avec nos représentants, qui épluchent leur catalogue pour nous présenter les livres qui vont intéresser notre clientèle.
A ce moment là, on ne connait bien souvent que le nom de l'auteur, le
titre du livre (qui va peut être changer), sa taille (qui va peut être
changer), son prix (idem) et le sujet. Et une date présumée de sortie (suivant les éditeurs, on apprend vite s'il faut faire un + 2 mois pour être sur le planning réèl).
C'est ce qu'on appelle un office. Il faut savoir que les libraires acceptent les offices car c'est la condition sine qua non pour obtenir une remise intéressante (sinon, on peut se retrouver à 20% ce qui ne permet pas de vivre).
En tant que libraire spécialisée, c'est un peu particulier dans la mesure où l'on prend TOUT ce qui va paraitre en au moins 1 exemplaire (mais souvent c'est 3 ou 5 exemplaires pour pouvoir faire une pile et mettre éventuellement le livre en vitrine; et carrément 10 ou plus quand on a la certitude que cela va fonctionner). Et ensuite lorsqu'on le reçoit, on voit si on s'est planté ou pas, si le livre vaut le coup, s'il a des retours presse... ou bien si on va se retrouver avec un truc invendable sur les bras.
Dans ce cas, reste l'hypothèse du retour au distributeur (et à l'éditeur s'il se distribue lui même). C'est là toute la singularité du système et tout l'illogisme économique du système.
En tant que libraire, on prend en effet un risque puisqu'on commande le livre sur catalogue, bien longtemps avant sa sortie, et que l'on ne peut que se fier à ce que nous dit notre représentant qui lui même tient ses informations de la réunion qu'a eu le service commercial avec l'éditeur.
Autrement dit, il peut y avoir gros cafouillage et on peut se retrouver avec un livre pas au niveau de ce que l'on espérait.
Donc, il est possible de retourner le livre entre 2 ou 3 mois (selon que l'on paye à 30 ou 60 jours) et 1 an après son arrivée dans la librairie, et l'on est crédité selon les conditions de paiement.
Exemple concrêt
Je commande un livre le 15 janvier à mon représentant.
Le livre arrive le 10 avril dans ma librairie. J'aurai le droit de le retourner à partir du 10 juin ou 10 juillet.
Je vais le payer à 30 ou 60 jours fin de mois soit le 31 mai ou le 30 juin (autrement dit, je le paye avant de pouvoir le retourner).
Si je décide de le retourner dès le 10 juin ou 10 juillet (vraiment, c'est une nullité, je ne vois pas ce que je vais en faire), je serai créditée d'un avoir sur les factures à venir (et non pas remboursée) à 30 jours fin de mois soit le 31 juillet (et encore, ça c'est coup de bol quand ils traitent le retour tout de suite) ou à 60 jours fin de mois (soit le 31 août).
Autrement dit, le libraire fait la trésorerie de l'éditeur. C'est pour cela que certains éditeurs et distributeurs peu scrupuleux chercher à placer le maximum d'ouvrages chez les libraires, peu important le fait que le livre soit vendu ou pas (bon, c'est quand même mieux s'il est vendu).
C'est aussi pour cela qu'il y a une prolifération éditoriale: charque placement d'un nouveau livre chez les libraires permet de faire rentrer chez les éditeurs et distributeurs l'argent liquide finançant les livres parus précédemment et pas forcément écoulés.
C'est aussi pour cela que lorsque les libraires ferment le robinet et refusent de plus en plus de prendre les offices, il y a des faillites des éditeurs.
Le diffuseur/distributeur, comme le fait justement remarquer Sarah en commentaire, s'en sort toujours lui. Il est payé même si le livre est retourné à l'éditeur.
Tout le paradoxe du système est que le distributeur a la main mise
non seulement sur le prix final du produit (la loi Lang de 1981 impose
en effet un prix unique de vente du livre en France), mais aussi sur la
remise accordée au libraire.
Le libraire n'est donc pas libre de sa marge
puisqu'il ne peut pas augmenter le prix de vente pour palier à une
augmentation des charges fixes.
D'où la relation de confiance que j'ai avec mes représentants car nous savons tous pertinemment qu'il faut aller dans la même direction pour que le système ne coule pas et que les libraires continues à proposer une offre intéressante et diversifiée. J'ai en effet la chance de ne jamais avoir un représentant qui a essayé de me forcer la main: ils sont parfois déçus si je commande peu d'un titre (alors que leur direction commerciale leur a mis une grosse pression) mais ils entendent toujours mes raisons et les respectent.
D'où aussi mon coup de gueule contre un éditeur qui ne joue pas le jeu. On peut faire des livres pas chers et très bien, on peut faire des horreurs qui ne se vendront jamais hors de prix. Il n'y a pas de règle et il en faut pour tous les goûts.
Mais il faut surtout que tous les acteurs de la chaîne du livre s'y retrouvent et notamment que les auteurs, les stylistes et les photographes continuent à être crédités et payés décemment.
A chacun son métier, car c'est un métier d'écrire un livre. Un travail que l'on doit effectuer en ayant conscience qu'au final il y a un acheteur qui va payer et qui est donc en droit d'obtenir une certaine qualité de travail.
03 avril 2009
Ce que l'achat d'un mini studio photo peut changer pour votre blog
J'avoue, j'ai craqué lorsque j'ai vu sur un site que je connaissais un peu une sorte de mini studio photo très simple à installer et utiliser (tablette en plexi qui se replie à angle droit et sur laquelle on clipse des feuilles de couleur tout simplement) et qui coûte seulement 29.90€. J'ai aussi pris 2 spots avec une lampe de 5300k (soit lumière du jour) pour 16.90€ et voilà le travail.
Il y a des systèmes plus complexes (dont des tentes) mais je n'en voyait pas l'utilité pour un simple blog de cuisine.
Bref, je vous promets que je n'ai pas d'action et que je ne gagne rien avec ce billet. Mais honnêtement, ça vaut le coup.
Voici donc ma commande reçue hier et mes premiers essais réalisés entre 19h30 et 20h (heure à laquelle je prend généralement mes photos puisque bêtement, je photographie ce que je mange).
Et donc des petits essais sur fond blanc d'abord.

sans éclairage particulier et avec flash
sans éclairage particulier et sans flash
avec 1 spot de chaque côté
avec les 2 spots sur la droite (j'adore le velouté du kiwi)
Idem avec fond coloré:

sans éclairage et sans flash
sans éclairage et avec flash
avec éclairage et sans flash
Et le résultat des spots sans fond sur un superbe rôti de canard au foie gras et aux pommes confites (j'aime mon boucher !!!).
sans les spots
Avec les spots: on distingue toute les nervures du canard et le fondant du foie gras. Pourtant, avant cuisson, c'est pas gagné comme photo (et après, il n'y en a pas car on était trop pressés de se régaler).
Petite série cake au citron sur fond de set de table
j'ai du être un peu longue, une petite chérie s'est impatientée ...
... mais n'a pas aimé le goût citron donc a laissé la part






